Jean-Paul Rostagni, l’arrière gauche des premières heures du PSG, s’est éteint à 78 ans
Jean-Paul Rostagni est mort le lundi 10 août 2026, à 78 ans. Vingt-cinq sélections en équipe de France entre Wembley et Moscou, une saison entière dans le premier PSG de première division, puis cinquante ans dans l'arrière-pays niçois. Il souhaitait être enterré à Drap, son village de naissance.
Le 12 mars 1969, à Wembley, ils sont 85 000 dans les tribunes. Sur la pelouse, un garçon de vingt et un ans, 1,73 m, arrière gauche, dispute son premier match en équipe de France. La soirée sera rude : l’Angleterre l’emporte 5-0. Jean-Paul Rostagni vient d’entrer dans l’histoire des Bleus par la plus grande porte et la plus mauvaise nuit qui soit.
Il en sortira quatre ans plus tard, à Moscou, devant 75 000 spectateurs, sur une autre défaite (0-2, le 26 mai 1973). Entre les deux, vingt-cinq sélections, aucun but, aucun grand tournoi. Une carrière internationale qui tient dans une parenthèse et qui, pourtant, l’a mené deux fois dans les plus grands stades d’Europe.
Jean-Paul Rostagni est mort le lundi 10 août 2026, à 78 ans. Le Paris Saint-Germain, dont il fut l’un des défenseurs des toutes premières saisons, l’a annoncé le lendemain sur son site officiel, en présentant ses condoléances à sa famille et à ses proches. Le site de supporters Les Titis du PSG, qui a également relayé l’information, évoque une disparition survenue après une longue maladie.
Le Cavigal, une pépinière niçoise
Il était né à Drap, dans l’arrière-pays niçois, le 14 janvier 1948. Il s’est formé au Cavigal de Nice — un club dont on oublie aujourd’hui ce qu’il a représenté. Au même moment y grandissaient Jacky Rémond, Sylvain Leandri et Dominique Baratelli, futur gardien du Paris Saint-Germain. Quatre joueurs de l’élite sortis d’une même structure locale : le détail dit beaucoup d’un football français qui, à la fin des années 1960, se nourrissait encore de ses clubs de quartier.
Joueur solide de taille moyenne — 1,73 m pour 68 kg —, international juniors, il se fait connaître à Monaco à partir de 1966 et s’y impose au poste d’arrière gauche. Le poste compte, dans le portrait : le latéral n’est pas celui qu’on filme. Il court la ligne, il double, il revient. On ne l’appelle par son nom que lorsqu’il a manqué quelque chose.
Bordeaux, Paris, et une saison en équilibre
Après Monaco viennent les Girondins de Bordeaux (1969-1971), puis Paris. Le Paris Saint-Germain, fondé le 12 août 1970, vient tout juste d’accéder à la première division ; il y arrive comme renfort d’expérience pour un club qui n’a pas encore d’histoire à raconter. Il y sera titulaire indiscutable — 31 matches en D1 —, dans ce que le club lui-même qualifie aujourd’hui de « saison contrastée ».
Il joue ensuite au Paris FC, puis retourne à Nice. C’est de là qu’il rejoint une dernière fois les Bleus pour ce match de Moscou, en mai 1973. On ne le reverra plus en sélection.
Il y a, dans cette séquence parisienne, quelque chose que le football contemporain ne produit plus guère : des joueurs qui traversent en trois saisons des clubs en train de se faire et de se défaire, sans que leur carrière en soit un naufrage. Rostagni est de ceux-là. Il a appartenu à un moment où le football de l’élite se réorganisait — et où l’on jouait, aussi, parce qu’il fallait bien continuer à jouer.
Le genou, et la sortie de scène
En 1976, une blessure au genou met un terme à sa carrière professionnelle. Il n’a pas trente ans. Il rejoint alors le petit club amateur de Peymeinade, dans l’arrière-pays cannois, et s’y installe. Il prendra sa retraite en 2007.
Trente ans d’une vie après le stade, dont on sait peu de chose et dont il n’y a rien à inventer. C’est peut-être là le vrai sujet. On raconte volontiers les carrières de footballeurs comme si elles s’arrêtaient au dernier match ; la plupart durent bien plus longtemps après qu’avant. Jean-Paul Rostagni a joué dix ans dans l’élite et vécu cinquante ans ailleurs — à Peymeinade, puis à Cagnes-sur-Mer, où il résidait.
Le chemin du retour
Selon Les Titis du PSG, il souhaitait être enterré sur sa terre natale, à Drap, et sa famille devrait respecter cette volonté. À l’heure où nous écrivons, ni la date ni le lieu des obsèques n’ont été rendus publics.
Si ce souhait est exaucé, la boucle se refermera exactement là où elle s’était ouverte : Drap, ce village des Alpes-Maritimes d’où il est parti pour Nice, Monaco, Bordeaux, Paris, Wembley, Moscou. Beaucoup de trajectoires sportives ressemblent à cela — une trajectoire centrifuge, puis un retour. Ce n’est pas de la nostalgie : c’est une manière très ordinaire d’appartenir à un endroit, et de le dire une dernière fois par le choix d’une sépulture.
Les familles qui organisent des obsèques en ce moment le savent : le mois d’août est celui où la France meurt le moins, et l’un des plus difficiles pour réunir les siens. Un rapatriement, même à l’intérieur du département, un village à prévenir, des proches dispersés par les vacances : la dernière volonté la plus simple demande souvent l’organisation la plus patiente.
Ce qui reste
Il ne laisse pas de trophée majeur, pas de but légendaire, pas de phrase que l’on répète. Il laisse vingt-cinq feuilles de match avec le coq sur la poitrine, une saison entière dans le premier PSG de première division, et le souvenir, chez ceux qui l’ont vu jouer, d’un latéral gauche fiable — ce compliment discret que les défenseurs finissent par préférer à tous les autres.
Il laisse aussi sa femme, Gisèle, ses fils Laurent et Luca, et ses petits-enfants.
Le hasard du calendrier veut que le Paris Saint-Germain fête ce 12 août ses cinquante-six ans d’existence. Le club était un nouveau-né quand Rostagni est arrivé ; il est aujourd’hui l’une des institutions les plus riches du sport mondial. Entre les deux, il y a eu des centaines d’hommes comme lui — ceux qui ont porté le maillot avant qu’il ne vaille quelque chose, et sans qui l’histoire n’aurait pas commencé. C’est à eux, autant qu’aux vainqueurs, que la mémoire est due.
Repères
- Né le 14 janvier 1948 à Drap (Alpes-Maritimes).
- Mort le 10 août 2026, à 78 ans.
- Poste : défenseur, arrière gauche (1,73 m, 68 kg).
- Formation : Cavigal de Nice ; international juniors.
- Clubs : AS Monaco (à partir de 1966), Girondins de Bordeaux (1969-1971), Paris Saint-Germain, Paris FC, OGC Nice ; puis Peymeinade (amateur).
- Équipe de France : 25 sélections, de mars 1969 (Angleterre, à Wembley, 0-5) à mai 1973 (URSS, à Moscou, 0-2) ; aucun but, aucune phase finale.
- Fin de carrière : 1976, sur une blessure au genou. Retraite en 2007.
- Une notice biographique lui est consacrée dans Jacques Thibert, Les coqs du football, Calmann-Lévy, 1972 (p. 63-75).
Info aux familles
La date et le lieu des obsèques de Jean-Paul Rostagni n’ont pas été communiqués publiquement à ce jour. Selon Les Titis du PSG, il souhaitait être inhumé à Drap (Alpes-Maritimes), sa commune de naissance ; cette information n’a pas été confirmée par la famille. Nous mettrons cet article à jour si une cérémonie publique est annoncée.
Pour déposer un message, LeFunéraire met à disposition un espace d’hommages en ligne et un espace mémorial ouverts à tous.
Nos autres hommages
- Franco Baresi, capitaine d’un seul club, s’est éteint à 66 ans
- Jean-Paul Dréau, la plume derrière « Le Coup de soleil »
- Marie-Paule Belle, la Parisienne qui chantait libre
- Retrouver toutes nos actualités funéraires.
Sources : communiqué du Paris Saint-Germain (11 août 2026) ; Les Titis du PSG (11 août 2026) ; Wikipédia (repères de carrière, recoupés).
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