Socle de pierre vide au crépuscule avec bougies de recueillement — statue arrachée de son rond-point à Porto-Vecchio

À Porto-Vecchio, une statue arrachée de son rond-point, et une ville rassemblée autour d’un symbole


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À Porto-Vecchio, une statue arrachée de son rond-point, et une ville rassemblée autour d’un symbole

Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2026, la statue installée sur le rond-point du Stabiacciu, à l'entrée de Porto-Vecchio, a été arrachée de son socle et détruite. Deux hommes de 21 et 23 ans ont été interpellés et présentés au parquet d'Ajaccio. Mais c'est la réaction qui marque : dès le lendemain, des habitants se sont rassemblés sur place, autour d'un repère devenu, avec le temps, un morceau de leur paysage commun.

Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2026, la statue installée sur le rond-point du Stabiacciu, à l’entrée de Porto-Vecchio, a été arrachée de son socle et détruite. Deux hommes de 21 et 23 ans ont été interpellés, puis présentés au parquet d’Ajaccio. Au-delà du fait divers, c’est la réaction d’une ville qui frappe : dès le lendemain, plus d’une centaine d’habitants se sont rassemblés sur place, autour d’un repère devenu, au fil des années, un morceau de leur paysage commun. C’est ce lien — entre une communauté, un lieu et ses symboles — que cet article, et ceux qui suivront cette semaine, voudraient regarder.

Ce qui s’est passé

Les faits sont établis et sobres. Dans la nuit, la statue qui se dressait sur le rond-point du Stabiacciu, à l’une des entrées de Porto-Vecchio, a été descendue de son socle et brisée. Un témoin a donné l’alerte peu avant trois heures du matin, le 1er octobre. Des vidéos des dégradations ont ensuite circulé sur les réseaux sociaux, contribuant à l’identification de leurs auteurs.

Deux hommes, âgés de 21 et 23 ans, ont été interpellés dans la matinée et placés en garde à vue. Nous ne nous attarderons pas sur eux : ce n’est pas le sujet, et la justice fera son travail. Ce qui nous intéresse ici commence après — quand une ville découvre, au petit matin, qu’un de ses repères a disparu.

La réponse de la justice

Dans les quarante-huit heures, les deux mis en cause ont été présentés au parquet d’Ajaccio. Ils font l’objet de poursuites pour des dégradations commises en réunion, au préjudice de la commune. Avant leur procès, une mesure leur a été imposée : l’interdiction de paraître en Corse, assortie d’une obligation de quitter l’île. La réponse judiciaire a donc été rapide, à la mesure de l’émotion suscitée.

Une ville qui se rassemble

C’est sur le rond-point lui-même que cette émotion s’est dite. Dès le 1er octobre, plus d’une centaine de personnes s’y sont retrouvées, au pied du socle vide : des habitants, des familles, des anciens. Des fleurs et des bougies ont été déposées. Le maire de Porto-Vecchio, Jean-Christophe Angelini, était présent, aux côtés de membres de la confrérie Santa Cruci et de l’abbé de la paroisse.

Ce rassemblement spontané n’avait rien d’un meeting. C’était un recueillement — la manière, très ancienne, dont une communauté se tient ensemble autour de ce qu’elle a failli perdre. On ne se réunit pas de cette façon pour un simple objet dégradé. On se réunit pour un repère : quelque chose qui, à force d’être là, finit par faire partie de qui l’on est.

Un symbole, un lieu, une mémoire

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Une statue sur un rond-point n’est pas qu’un ornement de voirie : c’est un point d’ancrage dans le paysage, un de ces objets devant lesquels on passe tous les jours sans les voir, et dont l’absence, soudain, crée un vide. Ces repères silencieux — une statue, une croix de chemin, un oratoire au bord d’une route — tissent la mémoire d’un lieu et, à travers elle, l’identité de ceux qui y vivent.

C’est tout le sens de notre engagement pour le petit patrimoine de mémoire que nous restaurons et racontons. Et c’est le fil que nous suivrons cette semaine : ce qu’un symbole garde de la mémoire d’un peuple, pourquoi sa disparition blesse, et comment une communauté — en Corse comme ailleurs — tient à ses lieux pour tenir à son histoire.

Repères

  • Nuit du 30 septembre au 1er octobre 2026 — la statue du rond-point du Stabiacciu, à Porto-Vecchio, est arrachée de son socle.
  • 1er octobre — découverte vers 3 h du matin ; rassemblement de plus de cent personnes sur place dans la journée.
  • Deux hommes de 21 et 23 ans interpellés, placés en garde à vue.
  • Présentés sous 48 h au parquet d’Ajaccio ; interdiction de paraître en Corse avant leur procès.

Nos sources

  • Presse corse — Corse Net Infos et ICI Corse (ex-France Bleu / France 3 Corse) : déroulé des faits, interpellations, rassemblement, réponse judiciaire.
  • Communications de la commune de Porto-Vecchio et du parquet d’Ajaccio relayées par la presse.
  • Les faits relatifs à la procédure sont donnés sous réserve de l’enquête en cours ; les personnes mises en cause sont présumées innocentes jusqu’au jugement.
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